S’informer sur la santé mentale
10 réflexes simples pour éviter les pièges
Entre réseaux sociaux, témoignages poignants, “tests” en ligne et conseils d’influenceurs, il est facile de se sentir perdu. Or, en santé mentale, une information approximative peut augmenter l’angoisse, retarder une consultation utile ou pousser à des décisions inadaptées. L’OMS rappelle que la désinformation en santé peut devenir un véritable risque pour la santé publique et la sécurité. (Organisation mondiale de la santé)
Voici des repères concrets pour s’informer correctement, sans se noyer.
Commencez par la question la plus importante : “Qui parle ?”
Un bon réflexe consiste à identifier la nature de la source :
- Source institutionnelle / santé publique : agence publique, assurance maladie, ministère, etc. (souvent plus fiable pour les repères généraux). (Santé publique France)
- Source scientifique : organisme de recherche, dossiers de synthèse, références bibliographiques. (Inserm)
- Source associative spécialisée : information pédagogique, orientation vers l’aide, ressources. (Psycom – Santé Mentale Info)
- Source individuelle (témoignage) : utile pour comprendre un vécu, mais pas pour en faire une règle générale.
👉 Si la page ne dit pas clairement qui écrit, avec quelle compétence, et pour quel objectif (informer, vendre, convaincre…), méfiance.
Vérifiez la date et le contexte
En santé mentale, les connaissances évoluent, mais surtout les messages circulent hors contexte (copiés-collés, reposts, extraits vidéo). Regardez :
- la date de publication/mise à jour,
- le pays (système de soins, définitions, accès aux aides),
- le public visé (ados, adultes, proches, professionnels).
Séparez “faits”, “interprétations” et “opinions”
Un contenu fiable distingue généralement :
- ce qui est établi (définitions, repères),
- ce qui est probable (données convergentes),
- ce qui est discuté (controverses, limites),
- ce qui relève d’une opinion.
Un bon signe : la présence de sources, de nuances, et de formulations prudentes (“peut”, “souvent”, “chez certaines personnes…”).
Attention aux “solutions miracles” et aux promesses rapides
- “guérir en 7 jours”, “méthode secrète”, “ce que les psys vous cachent”,
- “arrêtez vos médicaments”, “ce trouble n’existe pas”,
- discours culpabilisant (“si vous allez mal, c’est parce que vous…”)
- incitation à acheter un programme, une cure, un complément.
Avec l’IA, un nouveau risque s’ajoute : des faux contenus imitant des professionnels (voix/visages, extraits truqués). (The Guardian)
Ne confondez pas “se reconnaître” et “se diagnostiquer”
Il est courant de se reconnaître dans une description (fatigue, anxiété, ruminations…). Mais un diagnostic dépend :
- de la durée,
- de l’intensité,
- de l’impact sur la vie quotidienne,
- et d’un entretien clinique.
Les sites grand public sérieux (assurance maladie, santé publique, recherche) peuvent aider à comprendre les symptômes et les démarches, sans encourager l’auto-diagnostic. (Ameli)
Croisez au moins 2–3 sources “solides”
Avant de partager une info :
- cherchez la même information sur une source institutionnelle (ex. Santé publique France, sante.fr, ameli.fr) (santementale-info-service.fr)
- vérifiez sur une source scientifique (ex. Inserm) (Inserm)
- comparez avec une ressource spécialisée d’orientation (ex. Psycom) (Psycom – Santé Mentale Info)
Si l’info n’existe “que” sur TikTok/Instagram/YouTube, c’est rarement bon signe.
Utilisez les réseaux sociaux… mais comme une porte d’entrée, pas comme une référence
Les réseaux peuvent :
- déstigmatiser,
- donner des mots sur ce qu’on vit,
- ouvrir vers des ressources.
Mais ils favorisent aussi les contenus “choc”, simplistes ou anxiogènes. Le mieux : repérer des contenus, puis vérifier ensuite sur des sites de référence.
Apprenez à repérer une information “de qualité”
Un contenu plutôt fiable :
- explique les concepts avec un langage clair,
- propose des repères concrets,
- renvoie vers des aides et ressources,
- évite les généralisations,
- ne vend pas une solution unique.
Par exemple, des sites publics dédiés existent justement pour proposer des contenus pédagogiques validés. (santementale-info-service.fr)
Si vous vous inquiétez pour un proche : évitez les étiquettes, privilégiez l’aide
Plutôt que “tu es bipolaire / schizophrène / dépressif”, essayez :
- “Je te sens en difficulté en ce moment”
- “Tu veux qu’on cherche ensemble une ressource fiable ?”
- “On peut appeler un numéro d’écoute / prendre un avis médical”
L’objectif : ouvrir une porte, pas “faire le diagnostic”.
Gardez une liste courte de ressources fiables (France)
Pour s’informer et s’orienter :
- Santé mentale info service (site de Santé publique France) (santementale-info-service.fr)
- Psycom (information, orientation, annuaires, lignes d’écoute) (Psycom – Santé Mentale Info)
- ameli.fr (repères santé, démarches, infos troubles fréquents) (Ameli)
- Inserm (dossiers scientifiques vulgarisés : anxiété, dépression, etc.) (Inserm)
- sante.fr (site de référence grand public) (Santé.fr)
- OMS/WHO (repères sur la désinformation et l’“infodémie”) (Organisation mondiale de la santé)
En cas de détresse / idées suicidaires (France) : 3114, gratuit, 24/7. (3114)

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